Vous prenez plusieurs médicaments chaque jour. Certains sont chers. Vous avez peut-être déjà arrêté un traitement parce que vous ne pouviez pas vous le permettre. Ce n’est pas une erreur de votre part - c’est un système qui ne vous aide pas assez. C’est là que le pharmacien entre en jeu, pas seulement pour vous remettre votre ordonnance, mais pour vous aider à comprendre, à économiser et à rester en bonne santé.
Qu’est-ce que la gestion de la thérapie médicamenteuse (MTM) ?
La gestion de la thérapie médicamenteuse, ou MTM, ce n’est pas juste un service optionnel. C’est un processus structuré, supervisé par des pharmaciens, qui examine toutes vos médicaments - prescriptions, sur contre, compléments - pour voir si vous en prenez trop, trop peu, ou des versions inutilement chères. L’objectif ? Que vos traitements soient sûrs, efficaces, et abordables. Cette approche a été définie en 2008 par l’Association américaine des pharmaciens, et depuis, elle est devenue obligatoire dans les plans Medicare Part D aux États-Unis. En 2022, plus de 12,7 millions de patients ont bénéficié de cette service.
Contrairement à une simple consultation de délivrance (qui dure en moyenne 1,7 minute), une séance de MTM prend entre 20 et 40 minutes. Le pharmacien vous pose des questions : Quels médicaments prenez-vous ? Quels effets secondaires avez-vous ? Combien coûte chaque ordonnance ? Il vérifie les interactions, les doublons, et surtout, si des versions génériques peuvent remplacer vos traitements actuels sans risque.
Le pharmacien, expert des médicaments génériques
Les médicaments génériques contiennent le même principe actif que les médicaments de marque, mais coûtent jusqu’à 85 % moins cher. Pourtant, 26 % des patients ne les prennent pas parce qu’ils croient qu’ils sont moins efficaces. C’est un mythe. La FDA les approuve avec la même rigueur que les médicaments de marque. Le pharmacien, lui, sait lire les notes de l’Orange Book - le registre officiel des équivalences thérapeutiques - pour savoir si un générique est vraiment interchangeable.
Il y a des exceptions. Pour les médicaments à indice thérapeutique étroit (comme la warfarine, la lévothyroxine ou certains anticonvulsivants), la moindre variation dans la concentration du principe actif peut avoir des conséquences. Le pharmacien sait quand il faut rester sur le même produit, même si c’est plus cher. Il sait aussi quand un générique est parfaitement sûr - et quand il peut vous faire économiser des centaines de dollars par mois.
Un patient de HealthPartners a vu ses factures médicamenteuses chuter de 287 $ par mois après qu’un pharmacien lui ait proposé trois substituts génériques. Un autre, sur Reddit, a pleuré de soulagement quand son inhalateur de 400 $ par mois a été remplacé par un générique à 15 $. Ce n’est pas une chance. C’est un résultat direct de la MTM.
Comment la MTM réduit les hospitalisations et les erreurs
Les pharmaciens en MTM ne cherchent pas seulement à économiser de l’argent. Ils sauvent des vies. Une étude publiée dans Annals of Pharmacotherapy montre que les interventions des pharmaciens réduisent les erreurs médicamenteuses de 61 % et les réhospitalisations dans les 30 jours de 23 %. Pourquoi ? Parce qu’ils voient ce que les médecins ne voient pas.
Un patient prend trois médicaments pour l’hypertension, un pour le diabète, et un antidépresseur. Le médecin ne connaît pas tous les détails. Le pharmacien, lui, voit que deux de ces médicaments augmentent la pression artérielle ensemble. Il voit que l’un d’eux est prescrit en dose trop élevée. Il voit que le patient ne prend pas le diabétique parce qu’il coûte 120 $ par mois - et qu’il existe un générique à 15 $. Il agit. Il appelle le médecin. Il change la prescription. Il suit le patient.
Les résultats ? Une étude de 2022 sur 47 programmes MTM a montré une amélioration moyenne de l’observance de 18,7 points de pourcentage. Et une réduction des coûts totaux de santé de 1 247 $ par patient et par an. La moitié de ces économies viennent directement de l’optimisation des génériques.
Les obstacles à la MTM - et pourquoi elle n’est pas partout
Malgré ses preuves solides, la MTM n’est pas accessible à tous. Pourquoi ? Parce que les systèmes de remboursement sont cassés.
Medicare Part D paie entre 50 $ et 150 $ par évaluation complète. Mais les assureurs privés ne versent que 25 $ à 75 $. Pour un pharmacien qui passe 30 minutes à analyser un dossier, à contacter un médecin, à rédiger un plan, c’est insuffisant. Beaucoup de pharmacies ne proposent même pas le service. Sur les forums de la CMS, des patients disent : « J’étais éligible, mais ma pharmacie m’a dit qu’ils ne le faisaient pas - ce n’est pas rentable. »
En plus, seulement 42 États américains permettent aux pharmaciens d’agir en tant que professionnels de santé autonomes dans ce cadre. Dans les autres, ils doivent attendre l’autorisation du médecin pour changer une ordonnance - ce qui ralentit tout. Et seulement 38 % des pharmacies communautaires ont un système informatique qui permet de partager facilement les notes de MTM avec les médecins.
Comment la MTM fonctionne en pratique
Quand vous entrez dans une pharmacie qui propose la MTM, voici ce qui se passe :
- Vous êtes invité à un rendez-vous (souvent gratuit ou inclus dans votre assurance).
- Vous apportez tous vos médicaments - même ceux que vous ne prenez plus.
- Le pharmacien vous pose des questions sur vos symptômes, vos habitudes, vos coûts.
- Il utilise un outil comme l’Medication Appropriateness Index pour évaluer chaque médicament selon 10 critères : est-ce justifié ? efficace ? sûr ? coûteux ?
- Il identifie des problèmes : doublons, interactions, doses inadaptées, génériques manquants.
- Il crée un plan d’action écrit, que vous gardez.
- Il contacte votre médecin pour proposer des changements.
- Il vous suit dans les semaines suivantes.
Chaque intervention est documentée en format SOAP : Subjective (ce que vous dites), Objective (ce qu’il observe), Assessment (ce qu’il pense), Plan (ce qu’il propose). Ce n’est pas du bureaucratie - c’est de la sécurité.
Les avantages réels pour les patients
Une enquête de l’APhA Foundation en 2022 sur 1 247 patients a révélé :
- 89 % ont mieux compris leurs médicaments.
- 76 % ont pris leurs traitements plus régulièrement.
- 68 % ont payé moins cher grâce à des génériques.
- En moyenne, ils ont économisé 214,37 $ par mois.
Et ce n’est pas qu’une question d’argent. C’est une question de dignité. Quand un patient peut choisir entre manger et prendre ses médicaments, la MTM le sort de ce choix impossible.
Le futur de la MTM
Les tendances sont claires : la MTM va s’étendre. En 2023, 78 % des systèmes de santé prévoient d’augmenter les rôles des pharmaciens dans les soins primaires. Des outils numériques - téléconsultations, applications de suivi, intégration aux dossiers médicaux électroniques - rendent le service plus accessible. Certains pharmaciens commencent même à intégrer les données génétiques pour savoir si un patient métabolise bien un médicament - ce qui peut influencer le choix entre un générique et un breveté.
Un projet de loi aux États-Unis, le Pharmacist Medicare Benefits Act, pourrait permettre à 38 millions de personnes supplémentaires d’accéder à la MTM en 2026. Il ne s’agit plus de savoir si c’est utile. Il s’agit de savoir comment le rendre universel.
Que faire si vous voulez accéder à la MTM ?
Si vous prenez plusieurs médicaments, si vous avez des problèmes de coût ou d’effets secondaires, ou si vous ne comprenez pas pourquoi vous prenez certains traitements :
- Appelez votre pharmacie et demandez : « Est-ce que vous proposez la gestion de la thérapie médicamenteuse ? »
- Si la réponse est non, demandez à votre médecin s’il peut vous référer à un pharmacien clinique.
- Si vous êtes sur Medicare Part D, vérifiez sur le site de votre assureur : la MTM est obligatoire pour eux.
- Préparez votre liste de médicaments - y compris les vitamines, les herbes, les antidouleurs achetés en libre-service.
- Ne soyez pas gêné de parler de vos coûts. C’est la raison d’être de ce service.
Vous ne demandez pas un service extra. Vous demandez ce qui devrait être normal : un professionnel de santé qui vous écoute, qui connaît vos médicaments mieux que vous, et qui agit pour que vous puissiez vivre mieux - sans vous ruiner.
La gestion de la thérapie médicamenteuse est-elle gratuite ?
Dans la plupart des cas, oui. Si vous êtes éligible à Medicare Part D, la MTM est offerte gratuitement. Pour les patients avec une assurance privée, cela dépend de votre plan - beaucoup la couvrent entièrement. Même si un frais est appliqué, il est souvent bien inférieur au coût des médicaments non utilisés ou des hospitalisations évitées.
Les médicaments génériques sont-ils vraiment aussi efficaces que les médicaments de marque ?
Oui. La FDA exige que les génériques contiennent le même principe actif, dans la même quantité, et qu’ils soient absorbés par le corps de la même manière que le médicament de marque. La seule différence est le nom, l’emballage et le prix - jusqu’à 85 % moins cher. Des études montrent qu’ils produisent les mêmes résultats cliniques dans plus de 95 % des cas.
Pourquoi certains pharmaciens ne proposent-ils pas la MTM ?
Parce que le remboursement est trop bas dans certains systèmes d’assurance, ou parce que la pharmacie n’a pas les outils pour gérer le temps et la documentation nécessaires. Ce n’est pas un manque de compétence - c’est un problème de financement et d’infrastructure. Mais cela change lentement, avec la pression des patients et des gouvernements.
Comment un pharmacien sait-il si un générique peut remplacer un médicament de marque ?
Il consulte l’Orange Book, le registre officiel de la FDA qui classe les médicaments selon leur équivalence thérapeutique. Un code « A » signifie qu’il est interchangeable sans risque. Un code « B » signifie qu’il existe des différences potentielles - souvent pour les médicaments à indice thérapeutique étroit. Le pharmacien connaît ces nuances et sait quand il faut être prudent.
Puis-je demander une MTM même si je ne suis pas sur Medicare ?
Oui. De plus en plus d’assureurs privés, d’employeurs et de cliniques proposent la MTM. Même si ce n’est pas encore standard, vous avez le droit de demander. Si votre pharmacie ne propose pas ce service, demandez à votre médecin s’il peut vous orienter vers un pharmacien clinique dans votre région.
Rémy Raes
décembre 27, 2025je viens d’apprendre que les génériques c’est pas du bidon, waouh. j’ai arrêté la warfarine générique il y a 2 ans parce que j’avais peur que ça marche pas… j’aurais pu économiser 300€/mois. merde.