Être enceinte ne signifie pas devoir renoncer à la protection des vaccins. Au contraire, certaines vaccinations pendant la grossesse sont essentielles pour protéger à la fois la future maman et son bébé, surtout pendant les premiers mois de vie, quand le nouveau-né est trop jeune pour être vacciné lui-même. Les vaccins recommandés ne sont pas des risques : ce sont des boucliers. Et les données scientifiques sont claires : ils sont sûrs, efficaces, et souvent vitaux.
Quels vaccins sont vraiment recommandés pendant la grossesse ?
Les médecins ne recommandent pas tous les vaccins pendant la grossesse. Seuls certains sont jugés sûrs et utiles. Les vaccins vivants atténués - comme ceux contre la rougeole, les oreillons, la rubéole (MMR) ou la varicelle - sont strictement contre-indiqués. Ils contiennent une forme affaiblie du virus, et même si le risque est théorique, il n’est pas nul. Ces vaccins doivent être administrés au moins 28 jours avant la conception.
En revanche, quatre vaccins inactivés ou à ARNm sont fortement recommandés pendant la grossesse :
- Vaccin contre la grippe (inactivé, injection) : à prendre dès qu’il est disponible, idéalement entre septembre et octobre. Il protège la mère contre les formes graves de grippe, qui sont plus fréquentes et plus dangereuses pendant la grossesse. Il réduit aussi le risque d’accouchement prématuré et de faible poids à la naissance.
- Vaccin Tdap (tétanos, diphtérie, coqueluche) : administré entre 27 et 36 semaines de grossesse, idéalement entre 27 et 30 semaines. C’est le vaccin le plus important pour protéger le bébé contre la coqueluche, une maladie qui peut être mortelle pour les nourrissons de moins de 2 mois. Les anticorps produits par la mère traversent le placenta et offrent une protection immédiate à la naissance.
- Vaccins contre la COVID-19 (Pfizer-BioNTech ou Moderna, à ARNm) : recommandés à tout moment de la grossesse. Les données montrent que les femmes enceintes non vaccinées ont 96 % plus de risques d’être hospitalisées en soins intensifs pour une infection sévère. Le vaccin réduit aussi le risque de naissance prématurée et de décès fœtal.
- Vaccin contre le VRS (Abrysvo, Pfizer) : administré entre 32 et 36 semaines de grossesse, entre septembre et janvier. Il réduit de 82 % les hospitalisations pour infection du système respiratoire chez les bébés de moins de 3 mois, et de 69 % jusqu’à 6 mois. C’est une avancée majeure depuis sa mise sur le marché en 2023.
Pourquoi ces vaccins sont-ils si importants pour le bébé ?
Le bébé ne peut pas recevoir ses propres vaccins avant l’âge de deux mois. Entre la naissance et cet âge, il est extrêmement vulnérable. Les infections comme la coqueluche ou le VRS peuvent provoquer des crises respiratoires, des arrêts respiratoires, et même la mort.
La grossesse permet de transférer des anticorps de la mère au bébé par le placenta. Les études montrent que les niveaux d’anticorps anti-coqueluche dans le sang du cordon ombilical sont jusqu’à 1,4 fois plus élevés que chez la mère. Pour la grippe, les bébés de mères vaccinées ont jusqu’à 63 % moins de risques d’être infectés par le virus durant les six premiers mois de vie.
Le vaccin RSV est particulièrement révolutionnaire. Avant son arrivée, les bébés n’avaient aucune protection passive contre cette infection. Maintenant, 82 % des bébés n’ont pas eu besoin d’être hospitalisés pour cause de VRS dans les trois premiers mois. C’est une protection directe, sans besoin d’attendre que le bébé grandisse.
Quand exactement les administrer ? Le calendrier précis
Le moment du vaccin compte autant que le vaccin lui-même. Une mauvaise date peut réduire l’efficacité de la protection du bébé.
- Grippe : À prendre dès que le vaccin est disponible (juillet-août). Le but est d’être protégé pendant la saison la plus critique, entre décembre et février. Même si vous êtes enceinte en mars, il est encore utile de vous faire vacciner.
- Tdap : Entre 27 et 36 semaines. Le pic d’anticorps est atteint entre 27 et 30 semaines. Si vous recevez le vaccin avant 20 semaines, la concentration d’anticorps dans le sang du bébé chute de 37 %. Ce n’est pas une simple recommandation : c’est une règle de biologie.
- COVID-19 : À tout moment. Si vous n’avez pas été vaccinée avant la grossesse, commencez dès que possible. Les doses de rappel avec les formulations mises à jour (monovalentes) sont recommandées en fonction de la circulation du virus.
- RSV : Entre 32 et 36 semaines, et seulement entre septembre et janvier. Ce créneau est strictement lié à la saison du VRS. Si vous êtes à 37 semaines en novembre, vous êtes trop tard. Si vous êtes à 31 semaines en janvier, vous êtes trop tôt.
Un bon rendez-vous prénatal doit inclure une vérification de ces dates. Si votre médecin ne vous en parle pas, demandez-le. C’est votre droit, et c’est vital.
Sûr ? Études et données réelles
Les craintes sont compréhensibles. Mais les données ne mentent pas.
Entre 2010 et 2022, plus de 1,5 million de femmes enceintes ont reçu le vaccin contre la grippe aux États-Unis. Plus de 1,2 million ont reçu le Tdap. Aucun lien avec des malformations, des fausses couches ou des naissances prématurées n’a été trouvé. Le CDC a suivi 139 897 femmes enceintes vaccinées contre la COVID-19 : 84,6 % n’ont eu aucune complication de grossesse. Les effets secondaires les plus fréquents ? Une douleur au bras, une fatigue légère, ou un mal de tête - tous passagers.
Les études sur le vaccin RSV, publiées dans le New England Journal of Medicine, ont suivi plus de 7 000 grossesses. Rien n’a été trouvé d’anormal. Le vaccin n’a pas augmenté le risque d’accouchement prématuré, ni de pression artérielle élevée, ni de saignements.
Le Dr Laura Riley, chef du département d’obstétrique à Weill Cornell, résume : « La preuve de sécurité est maintenant solide, massive, et incontestable. »
Les vaccins contre la coqueluche et la grippe : un gain de vie pour les bébés
La coqueluche est une maladie méconnue, mais terrifiante. Elle commence comme un simple rhume, puis devient une toux violente, parfois suivie d’arrêt respiratoire. Chez les bébés de moins de 2 mois, un cas sur 5 nécessite une hospitalisation. Un cas sur 100 meurt.
Le vaccin Tdap réduit ce risque de 78 %. Et il ne protège pas seulement le bébé : il protège aussi la mère. Les femmes enceintes ont un risque accru de complications pulmonaires si elles attrapent la coqueluche. La vaccination réduit aussi le risque de la transmettre à d’autres enfants ou aux grands-parents.
La grippe est pareille. Pendant la grossesse, les poumons et le cœur travaillent plus fort. Une infection grippale peut entraîner une pneumonie, une insuffisance respiratoire, ou une naissance prématurée. Le vaccin réduit le risque d’hospitalisation de 40 % chez la mère et de 50 % chez le bébé.
Et après l’accouchement ?
Si vous n’avez pas pu recevoir un vaccin pendant la grossesse, il n’est pas trop tard. Le vaccin Tdap, la grippe ou la COVID-19 peuvent être administrés après l’accouchement. Mais attention : cela ne protège pas le bébé immédiatement. Seule la vaccination pendant la grossesse permet un transfert d’anticorps par le placenta.
Après l’accouchement, la mère peut aussi recevoir le vaccin contre la varicelle ou la rougeole - mais seulement si elle n’a pas été vaccinée avant. Et elle doit attendre au moins 28 jours après l’accouchement pour recevoir un vaccin vivant.
Le seul moment où la vaccination post-partum est aussi efficace que pendant la grossesse ? Pour le vaccin contre la coqueluche : si la mère est vaccinée juste après l’accouchement, elle réduit de 50 % le risque de transmettre la maladie à son bébé. Mais ce n’est pas aussi fiable que la protection passée par le placenta.
Les vaccins sont-ils payants ?
En France, tous les vaccins recommandés pendant la grossesse sont entièrement remboursés par la Sécurité sociale. Le Tdap, la grippe, la COVID-19 et le RSV sont inclus dans le programme de vaccination maternelle. Il n’y a aucun coût pour la patiente.
Les cliniques et hôpitaux sont tenus de les proposer systématiquement. Depuis janvier 2023, les professionnels de santé doivent documenter leur recommandation dans le dossier prénatal. Si vous êtes refusée, c’est une erreur. Vous avez le droit de demander le vaccin.
Les vaccins peuvent-ils affecter l’allaitement ?
Non. Aucun des vaccins recommandés pendant la grossesse n’a d’effet négatif sur l’allaitement. En fait, les anticorps produits par la mère après vaccination passent dans le lait maternel, ce qui ajoute une couche supplémentaire de protection au bébé. Il n’y a aucune raison de suspendre l’allaitement après une vaccination.
Les vaccins vivants (comme la varicelle) sont aussi sûrs pendant l’allaitement. Mais comme ils ne sont pas recommandés pendant la grossesse, ils ne concernent que les cas post-partum.
Et si j’ai des doutes ?
Les craintes les plus courantes portent sur les ingrédients : « Est-ce que le vaccin contient du mercure ? » « Et l’aluminium ? » « Et les ARNm, c’est dangereux ? »
Le vaccin contre la grippe et le Tdap contiennent des traces d’aluminium, mais en quantités bien inférieures à celles que les bébés ingèrent naturellement dans le lait ou l’eau. Il n’y a pas de mercure (thiomersal) dans les vaccins pour femmes enceintes depuis 2001 aux États-Unis et en Europe. Les vaccins à ARNm (COVID-19) ne contiennent pas de virus vivant, ni de puce, ni de trace de cellules humaines. Ils ne modifient pas l’ADN. Ils ne restent pas dans le corps : ils se dégradent en quelques jours.
Si vous avez des questions, demandez à votre médecin ou à une sage-femme. Les données sont publiques. Les études sont accessibles. Les chiffres sont clairs. La peur vient souvent du manque d’information, pas de la science.
Les vaccins en 2025 : ce qui vient
Le futur des vaccins pendant la grossesse est prometteur. En septembre 2023, un premier vaccin contre le Streptococcus group B (GBS) a été testé en phase III. Ce germe est responsable de 30 % des infections bactériennes graves chez les nouveau-nés. Un vaccin efficace pourrait réduire ces infections de 80 %. Il pourrait être disponible d’ici 2027.
Un vaccin universel contre la grippe, capable de protéger contre toutes les souches pendant plusieurs années, est en phase III d’essais cliniques. Il pourrait remplacer le vaccin annuel d’ici 2028.
Le monde entier s’oriente vers une couverture de 70 % des femmes enceintes vaccinées d’ici 2030. En France, la couverture est déjà à plus de 65 % pour le Tdap et 60 % pour la grippe. Ce n’est pas parfait, mais c’est en progression.
Est-ce que les vaccins pendant la grossesse augmentent le risque de fausse couche ?
Non. Des études portant sur plus de 2,3 millions de grossesses n’ont trouvé aucun lien entre les vaccins recommandés (grippe, Tdap, COVID-19, RSV) et les fausses couches. Le risque de fausse couche reste le même, que la femme soit vaccinée ou non. Les données du CDC et de l’OMS confirment cette absence de risque.
Puis-je me faire vacciner si je suis enceinte de jumeaux ?
Oui, absolument. Les vaccins recommandés sont tout aussi sûrs et efficaces pendant une grossesse gémellaire. En fait, la protection est encore plus cruciale : les bébés prématurés ou de faible poids sont plus vulnérables aux infections. Le vaccin Tdap et le RSV sont particulièrement importants dans ce cas.
Quels sont les effets secondaires les plus courants ?
Les effets secondaires les plus fréquents sont légers et temporaires : douleur au point d’injection (69 % des cas), fatigue légère, maux de tête, ou fièvre basse (moins de 38 °C). Ils disparaissent en 24 à 48 heures. Une réaction allergique grave est extrêmement rare : moins de 1 cas pour 100 000 doses. Les centres de vaccination sont préparés pour gérer ces cas.
Est-ce que je dois faire un test de grossesse avant de me faire vacciner ?
Non. Aucun vaccin recommandé pendant la grossesse ne nécessite un test de grossesse préalable. Si vous êtes enceinte, même sans le savoir, les vaccins comme la grippe ou le Tdap sont sûrs. Il n’y a aucun risque à les recevoir à n’importe quel stade de la grossesse.
Le vaccin RSV est-il vraiment nécessaire si mon bébé naît en été ?
Oui, si vous êtes entre 32 et 36 semaines pendant la période de circulation du VRS (septembre à janvier). Même si votre bébé naît en juin, le vaccin administré à 34 semaines protège les premiers mois de sa vie, y compris l’été suivant. Le VRS circule toute l’année, mais les pics sont en automne et en hiver. Le vaccin est conçu pour couvrir cette période critique.
Nicolas Mayer-Rossignol
décembre 20, 2025Ok donc on va vacciner les femmes enceintes contre tout et n’importe quoi… sauf contre les idiots qui disent que c’est dangereux. Parce que clairement, le vrai danger, c’est pas le vaccin, c’est la désinformation. Et vous savez quoi ? Moi j’vais me faire vacciner… en pleine figure, contre les conneries.
PS : j’ai relu trois fois pour vérifier que c’était pas un troll. C’était pas un troll. C’est pire. C’est la vérité.
PPS : je suis pas médecin, mais j’ai lu un article sur Wikipedia. Et j’ai compris. Donc je sais plus que vous.
PPPS : je vais voter pour qui promet de supprimer les vaccins. Parce que je suis libre. Et libre, c’est pas être vacciné. C’est être mort. Ou presque.